mardi 5 juillet 2011

La réunion de fin d'année chez Suzanne

Une petite fête autour d'une table chez Suzanne.
Des attractions diverses ...
Des lectures de textes

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dimanche 22 mai 2011

Parfait imparfait

L'atelier du 16 mai.


Consignes : A mettre en ordre.

  • Mathilde est heureuse quand …
  • Dans un monde parfait, le travail …
  • La vie de Mathilde avant que …
  • La vie de Mathilde n’est plus parfaite depuis que …
  • Dans un monde parfait la vie serait …
  • Dans un monde parfait les hommes et les femmes …
  • Demain Mathilde sera …
 Photos de l'atelier : clic

Un sang d'amour

Un sang  d’amour (mon chant d’amour)
Sais-tu fille des sables, que j’avais des amantes avant, des sourires et des larmes d’amours que j’ai laissés mourir dans le vent….Une passion pour l’Orient et leurs jolis fruits aux parfums d’oranger en fleurs. J’aimais les caresser, sentir leurs peaux vibrer, humer le suc de leurs sexes dilatés…. J’aimais par la douceur de ma langue, reluire les émeraudes de leurs yeux, les rubis de leurs seins, les saphirs de leurs soupirs un soir de khamsin…

                              Et toi danserais- tu jusqu’au bout de la vie ?

Je veux un chant d’amour, après ma mort, une prière comme un hymne de paix pour la terre et pour tout l’univers…

Sais-tu  que le retour du printemps était important avant, j’entendais la terre susurrer l’histoire de ce vieux paysan. Il labourait ses champs équipé d’une lame d’acier attelée à son cheval… Trop vieux le cheval…Trop vieux  le paysan.
Ils sont morts un matin du joli mois de mai. Leurs cœurs ont ralenti, puis se sont arrêtés au même moment comme un rythme de bendir en fin de partition.
Epuisés mais heureux, leurs sueurs, leurs larmes  tombées sur cette terre aride et ingrate, venaient la nourrir d’un engrais aux mille et une vertus. Généreuse, la terre offrait ce qu’elle avait de meilleur aux  habitants du village perché sur le haut de la montagne.
Les champs de maïs ont disparus… aujourd’hui on y trouve des roses sauvages dépourvues d’épines…seuls les pétales recouvrent  le sol d’un tapis rouge sang, ils protègent la mémoire du vieux paysan et de son vieux cheval.

                            Et toi, traverserais-tu les océans à pieds secs, nue et sans armure ?
                                                  Goéland en quête d’un sauveur…

Je veux un chant d’amour, après ma mort une prière comme un hymne de paix pour la terre et pour tout l’univers…

Sais- tu que je n’ai jamais eu les mots qu’il fallait. Les lettres se rassemblaient dans mon esprit par affinités. Elles formaient des noms, des phrases qui finissaient toujours par une question .Pourquoi une question plus qu’une affirmation ? Pourquoi un doute plus qu’une vérité ? Quelle vérité ? La tienne ? Ou celle du monde, mélange de mensonges et de faux semblant ?
Mes vérités, je les cache dans le creux de ta nuque… Ta rousse chevelure garde encore ce mystère.

          Et pour toi, ombre sur un cheval, écuyère de la nuit, les ténèbres ont-elles un secret ?                                

Je veux un chant d’amour après ma mort, une prière comme un hymne de paix pour la terre et tout l’univers…

Sais-tu ce que la tristesse m’a appris, quand on dirait qu’elle vous brise, quand on dirait qu’elle s’éternise ?
Rien ne dure toujours, tes larmes sécheront elles se transformeront en perles de sincérité.
Les nuages cachent le soleil, la pluie est nécessaire…
Des épis de blé sur ton corps dénudé chantent les louanges d’un D-ieu évadé de l’Enfer pour échapper à la foudre d’un Paradis hostile.

Fille des sables  née de la vague, moitié sirène moitié écume, les embruns sur un rocher ont égrenés ton corps.
Ton corps danse, ton cœur danse, telle une concordance du vent et du soleil…

                            Et toi princesse de mes rêves, qu’elle est ta question ?

Je veux un chant d’amour après ma mort, une prière comme un hymne de paix pour la terre et mon univers…

 
Paul Dahan  mai 2011

Les textes de Paul : clic

lundi 18 avril 2011

Moi sur mon vélo ...



                                                    Moi sur mon vélo

      

 Moi sur mon vélo, je suis un être libre et léger, pur de connaissances révélées bien avant ma naissance.
Moi sur mon vélo, je revis l’oubli, le sens du secret. Je renais à chaque instant sur mon vélo.

Moi sur mon vélo, je pédale vite pour oublier, oublier qui je suis, ce que je suis.
Je pédale vite pour oublier  mon vélo, ce qu’il est, ce pourquoi il existe en tant qu’objet et son usage.
Je pédale vite pour défier les distances et le temps qui m’échappe. Le temps qu’il me reste à pédaler, à dévoyer la gravitation et l’espace.

Je n’exprime pas ici un plaidoyer pour un vélocipède, plutôt un pédalier pour le mélo bipède que je suis. Deux pieds et une douce mélo, mélodie de l’espace ; comme une fusion sans combustible en déshérence stratosphérique…

Je pédale donc je suis. Je pédale, je déroule une partition musicale sur une belle nébuleuse entre Orion  et Singapour. A chaque tour de pédalier une note se détache ; la mélodie est douce, apaisante…
J’oublie ma  maîtresse, belle dulcinée au savoir terrestre bien loin de mes préoccupations oniriques. Celles qui m’éloignent de vos murs, vos murmures aux sons des leçons et devoirs qui m’insupportent… Je hais vos écoles… Je pédale, je décolle... Bien loin de vous chers Maitres et décamètres…

Je tourne mon pédalier toujours dans le même sens. J’avance, je libère mes prières à chaque tour tels des rouleaux de Shiva dans un temple bouddhiste.

Moi sur mon vélo, je pars au bout du monde pour échapper à l’oubli, à l’écorce de ta peau.
Zeste de citron couleur phosphorescente des U.V ceux qui hale ton corps et tes seins gonflées à l’hélium.
La terre à ses limites, la vie a ses instincts…
La terre que l’on donne, la terre  que l’on prend, comme le temps qui passe la terre nous échappe…
 Le temps nous guette, le temps s’écoule, le temple s écroule…seule notre mort  rattrape le temps et le fixe…

Moi sur mon vélo je suis libre et léger. Je pédale, je suis au souffle de ma vie…A la source de ta vie… Elle m’immonde de plaisirs  aux goûts incestueux… De déesses impudiques aux senteurs d’amours … De débauches…

A faire semblant, on oublie les secrets du « Commencement… » .

« Au commencement, il fut…Les cieux et la terre… Ainsi soit- il…Et ce fut bien ainsi… »

Ainsi soit les ailes abandonnées des papillons irradiés  sur les tombes des innocents de Kaboul, de Fukushima…

                                                    (Paul Dahan Avril 2011)
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En vélo

Moi, sur mon vélo, j’avais neuf ans, je suis parti un jour avec Grand père, près de la petite rivière qui coule le long du château.
Après quelques kilomètres j’ai demandé à m’arrêter car j’étais fatigué. Tandis que je me reposais Grand père est parti dénicher deux planches et a entrepris de monter un petit moulin. Deux piquets fourchus qu’il a plantés au milieu du courant soutenaient une tige horizontale fendue en son milieu. Il a inséré, en X, les morceaux de planche sur cet axe en le posant à la bonne hauteur afin qu’il y ait en permanence une extrémité de la planche qui trempait dans l’eau. Et, oh merveille, l’ensemble tournait entrainé par le courant !
Je n’avais plus goût à remonter sur mon vélo et Grand père, de bonne composition s’est mis en tête de m’apprendre à pêcher.
Un bambou coupé dans le parc voisin fit office de canne à pêche mais comment monter une ligne, un flotteur et un hameçon suffisamment fonctionnels pour piéger les poissons ?

Moi sur mon vélo je pédale vite pour oublier la fatigue.
Il a fallu revenir à la maison. Je ne pouvais pas demander à Grand père de s’arrêter toutes les deux minutes alors je me suis mis en tête de le dépasser et de prendre la tête de l’équipée. Lui gardait son allure et ne tardait pas à me rejoindre. Mais quelle galère et il n’était plus question de moulin ou d’apprendre à pêcher !
Faire du vélo et dépasser Grand père, c’est merveilleux ! La fatigue n’existe plus ! J’ai l’impression d’avoir des ailes et que le monde entier me regarde comme si j’étais le leader du Tour de France.

Moi, sur mon vélo, je pars au bout du monde pour échapper à la colère. Celle de mon père ou la mienne, je ne sais pas au juste.
J’ai décidé de partir, de partir en vélo, en vélo au bout du monde et me voilà en route.
La goutte d’eau, d’essence plus précisément, qui a fait déborder le vase ou le briquet, a été décisive. Il n’aurait pas du, mon père ; il n’aurait pas du me dévaloriser de cette façon ; je n’en pouvais plus. Une histoire de briquet, une aide de ma part alors qu’il aurait bien pu se débrouiller seul même avec un bras accidenté. Je lui ai rendu ce service mais ce sera la dernière fois. Oui j’avais renversé un peu d’essence sur le briquet et j’ai mis le feu trop tôt mais lui, plutôt que de me plaindre de m’être brulé il m’a chassé en criant « quel veau ! mais quel veau ! ». Ce sont des détails mais ajoutés les uns aux autres, je ne supportais plus. Alors je suis parti et je vais à l’aventure, au bout du monde pour me changer les idées.
Je n’aime pas faire du sport, c’est trop fatigant mais peu importe, quand ce sera trop dur, je penserai à Grand père, je rêverai au moulin sur la rivière et je tenterai de pêcher.

Moi, sur mon vélo, j’ai fixé une petite sacoche derrière la selle et dedans j’y ai placé une ligne, bien équipée d’un flotteur et d’un hameçon. De cette façon, je suis certain que lorsque je serai au bout du monde, je pourrai, à coup sûr, pêcher comme Grand père a voulu m’apprendre.
(texte de Marc)
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Consignes :
Un petit garçon raconte :
Un bon souvenir, un moyen, un mauvais, en insérant des phrases tirées au sort.
L'atelier du 11 avril : clic

mardi 22 mars 2011

AVOIR et ÊTRE

(Il ne faut surtout pas perdre le fil… car c’est très subtil !)

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.
Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.
Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.
Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.
Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités, 
Pendant qu'Être, un peu dans la lune 
S'était laissé déposséder.
Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.
Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.

Joli non ?
bonjour les amis (es) !
bien loin des contenus humoristiques des envois @ habituels exceptionnellement ce texte mérite d'être transféré largement
vive la langue française ! Nicole